Mai - Marathon Créa

Bleu

Auteur : Léonore
Auteur : Lucas

Je n’ai jamais aimé le bleu. Ne me regarde pas comme ça, ce n’est une surprise pour personne. Non El, pas même celui de tes yeux. Pas même ce corsage azur que tu portes là, devant moi. Ni même les rubans satinés qui parcourent ta poitrine. J’ai horreur quand tu mets ce trait sur tes yeux, et bien plus encore quand tes doigts enfilent un topaze.

Non El, tu sais quand est-ce que j’ai aimé le bleu pour la première et seule fois ? C’est ironique, parce qu’avant ce jour-là, même le crépon nocturne, celui dans lequel on découpe les étoiles, je n’ai jamais pu le saquer. J’aurais préféré me perdre une bonne centaine de fois que d’y plonger mon regard, afin de confirmer les légendes selon lesquelles, les points lumineux qui s’y logent, peuvent nous guider.

Pourtant cette nuit-là, avant de rentrer dans cette salle, ce gymnase pourri d’un lycée qui me flanquait une boule au ventre, je l’ai regardé. J’ai froncé les sourcils, je me suis maudite d’être là. Furieuse, j’ai plongé mon regard en direction des portes, que j’ai poussées d’une violence dont seule moi en était consciente. Et dans cette salle, où le bal de notre fin d’année se déroulait. Et dans cette salle, où une musique soporifique s’échappait des hauts-parleurs, où toutes les filles tremblaient à l’idée de se faire inviter à danser, je t’ai vue.

Tu étais la seule dont la peau n’était pas parcourue de frissons. J’ai soupiré. J’ai secoué la tête et j’ai souris. Tu étais dans ce cauchemar d’adolescent, ma boule d’oxygène. Tu étais avec ton groupe d’amis. Tu avais ce rictus, collé aux lèvres. Ce rictus et ces yeux rieurs que j’ai tant maudit, pour l’effet qu’ils me faisaient, quand je les voyais. Et d’autant plus quand c’est moi qui les déclenchait. Alors je t’ai regardée. Et ce soir-là El, tu étais habillée de nuit et d’étoiles. Tu portais cette robe bustier. Tu avais horreur de ça, mais je t’avais rassurée. Tout le haut était composé de milliers de petites paillettes. Ou bien était-ce des diamants ? Tu connais ta mère, elle dépensait sans compter, quand il s’agissait de toi. Tu avais tes longues boucles qui tombaient timidement de part et d’autre de ta poitrine.

Puis à force de t’observer, tu as dû finir par le sentir, que mon regard était rivé sur toi. Tu as tourné la tête vers moi, avec cette expression d’étonnement, dont toi seule en a le secret. J’ai froncé les sourcils et tourné les talons. Je suis allée m’échouer près de l’alcool. J’ai englouti deux trois verres d’un liquide rosâtre, dans l’espoir de pouvoir m’y noyer. Je t’ai senti t’approcher. Est-ce que ça fait de moi une cinglée, si je te dis que je t’ai reconnu au bruit de ta démarche ? Tu te déplaces de la même façon dont tu es rentrée dans ma vie. Doucement, joyeusement.

Tu as posé ta main sur mon épaule, je me suis retournée et tu souriais. T’es insupportable ! Pourquoi tu souris tout le temps ? C’était un supplice sentimental, physique et mental. Est-ce que tu souriais pour moi ? Je ne me souviens plus en détail de notre conversation. Mais j’étais revenue en enfance, incapable d’aligner trois mots sans buter sur chacun d’eux. Je crois que j’ai maladroitement réussi à t’inviter à danser. Tu as dit oui. Tu m’as pris la main et tu m’as entraînée sur ce qui, ce soir-là, était une piste de danse. Je savais que le lendemain, ça ne serait plus que la réalité. Un gymnase. Triste et miteux, où chacun retourne à sa petite vie.

Je ne te l’ai pas dit. Je ne sais pas danser. Je me suis raccrochée à ton regard, et je t’ai suivie. Pendant combien de temps on a-t-on tournoyé comme des tasses ? Mon centre de gravité et ma vue étaient troublés. Puis au bout de ce qui me parut une éternité, on s’est arrêtés. Tu as glissé ta main droite dans mes cheveux et tu m’as embrassée. Je me souviens que j’ai pleuré. Tu t’es arrêtée, tu m’as regardée, paniquée. Mais non El, tu n’avais rien fait de mal. J’ai eu un fou rire. J’étais submergée. De tant d’émotions. J’étais rassurée, de tant d’inquiétudes.

Et quand je te regarde, à l’instant présent, je ne peux m’empêcher de ressentir tout ça.

Je n’ai jamais aimé le bleu, mais je t’aime davantage.

Auteur : Camille
Auteur : Lydie
Auteur : Thibaut
Auteur : Florian
Auteur : Kary

Routine

Auteur : Léonore

Tic-tac. Les rouages se mettent en place.

Tic-tac. La mécanique de mon âme tourne, et tourne encore.

Tic-tac. La vie fait son bout d’chemin, impassible, sans se retourner.

 

Boum. Boum. Mon organe vital majeure, soi-disant utile à ma vie, cogne contre ma poitrine, encore et plus fort. Je cligne des yeux une fois, deux fois. Mes ourlets de chaires se déchirent dans un souffle. Mes pieds s’effondrent sur le carrelage humide. J’observe mon environnement. Environnement ou cellule ? Prison psychologique ou réelle incarcération ?

Joker.

Tous les jours la même chose, tous les jours le même bordel. Le même goût acre dans la bouche, le même nœud à l’estomac. J’suis pas faite pour vivre, ou peut-être que la vie n’est pas faite pour moi. Dans cette boucherie miteuse et monotone qu’on appelle l’âge adulte, je me noie, je me perds.

On se pose tous la question de pourquoi on s’lève le matin, arrête, ne ment pas, t’es comme tous les autres toi aussi, un produit périmé, soumis à la date de consommation, appelée routine.

Soit sage, reste dans le moule. Métro études dodo. Ne cherche pas à être différent, le temps n’aime pas ça.

Ne cherche pas à t’échapper, on sait où t’es ; la liberté a passé un pacte avec le temps. T’es piégé. Maintenant soit sage et va t’allonger, tu t’détournes et l’horloge tourne.

 
Auteur : Camille
Auteur : Thibaut
Auteur : Lucas

C'était toujours pareil. La journée commençait par le réveil bruyant de mon téléphone, me sortant comme à chaque fois de ma nuit trop courte. C'était toujours pareil, je me disais "encore cinq minutes" mais finissais par sortir du lit au bout de quinze, m'obligeant à courir dans tout l'appartement pour être sûre d'être à l'heure. C'était toujours pareil, je rentrais dans le hall, les deux écouteurs dans les oreilles et le regard fixé au sol, passant en trombe devant tout le monde, un petit sourire à la foule histoire de dire bonjour, pour me réfugier dans la salle de classe. C'était toujours pareil, j'avais ma place au fond et une règle très stricte que tout le monde avait fini par connaître "ne pas me parler à 8h du matin." C'était toujours pareil, cette sensation d'énervement constant, d’une frustration de plus en plus tiraillant, d'une sensibilité bien trop fragile enveloppée d'une façade de pierre et d'indifférence. C'était toujours pareil, il fallait sourire, participer, travailler, rester calme, correcte, respectueux, chaleureux, heureux. C'était toujours pareil, fallait rentrer à la maison, subir les questions, travailler, travailler encore, s'ennuyer et s'ennuyer encore. C'était toujours pareil. Et à chaque fois que je tentais de stopper ce cercle infernal par un sommeil lourd et profond, en mettant mon corps sur pause, c'était les pensées qui revenaient au galop, martelant mon sommeil sans lui laisser une seule chance d'en sortir indemne.

Puis il y a eu cette soirée. Sans vraiment trop savoir comment, je me suis retrouvée à sortir avec mon groupe d'amis dans un bar. Tu étais là, toi aussi. Ce jour-là, je n'aurai jamais pensé que c'est toi qui casserait ma routine. Avec toi, d'un coup le monde est devenu différent. D'un coup, tu m'as donné envie de me lever le matin. J'avais envie de passer mes journées avec toi, que ça soit par message ou même en vrai. J'aimais arriver en cours en me disant que ce soir ta voiture serait sur le parking, prête à m'emmener loin d'ici pour une nuit. J'aimais ces messages de bonne nuit, qui venait apaiser mon corps et mon âme avant de m'endormir, ces messages du matin qui me donnait de la force pour la journée. Et puis, tu m'as forcé à sortir, à sortir de ma zone de confort. Ces appels spontanés "habille-toi, je viens te chercher" qui me forçaient à m'activer, ces sorties où l'on finissait simplement chez toi, à se soûler sur le canapé comme deux idiots. J'mangeais mieux, ça ne me faisait pas mal au ventre, même tes pâtes bolo’ complètement ratées. Ça ne me gênait pas, nos blancs dans la voiture quand tu me ramenais chez moi, tard le soir. Ça ne me gênait pas, de parler de toi avec les autres, d'entendre ton nom, qu'on me dise "t'as l'air heureuse ce matin". Ça ne me gênait pas de venir chez toi pour simplement regarder des vidéos ou écouter de la musique. J'aimais t'entendre rire comme un gamin, me taper 2h de film d'auteur pour au final t'entendre dire "c'était de la merde hein ?".

Du jour au lendemain et sans que je ne m'en rende compte, tu es devenue ma routine. Jamais auparavant je n'aurai pu imaginer qu'une routine pouvait changer, mais surtout pouvais faire du bien. Mais avec toi, le monde est devenu différent. C'est devenu ces trajets de bus trop longs lorsque je venais chez toi, trop courts quand je rentrais. C'est devenu la petite boule au ventre au moment de passer le pallier alors que j'aimais tant venir chez toi, entendre le son de ta voix. Ta voix… Ma musique quotidienne, la seule mélodie que j'entendais, des paroles que seule moi comprenait, que seule moi vivait, tu vois ? Ma routine, c'est devenu la chaleur de ton corps lors de ses nuits trop froides, où je venais me réfugier contre toi. C'est devenu ce soir d'été où trop éméchés pour penser, on s'est embrassé sous la lumière d'un lampadaire. C'est ces baisers volés sur ma peau, tendue au contact de tes lèvres. C'est devenu mes doigts dans tes cheveux, ta main caressant mes cuisses et ma joue. Mes caresses dans ton dos, quand t'endormais paisiblement, après avoir fait l'amour. Tes soupirs, tes rires, tes sourires. Mon Dieu, tes sourires.

C'était comme se jeter dans le vide. C'était affronter des choses terrifiantes, inconnues mais qui rendait l'expérience si agréable, tu comprends ? Tu as changé ma routine du jour au lendemain. Un peu comme quand tu es partit.

Auteur : Florine
Auteur : Lydie
Auteur : Kary

Commence par un N

Non, ceci n’est pas un nénuphar nymphomane, mais bien un nacho complètement naïf. Il est né au mois de Novembre, il n’était pourvu que deux trois nageoires, ce qui n’est pas normal, considérant sa nanostructure, pour le moins naturelle. Il avait fait naufrage sur une île non loin d’un nounours qui fumait le narguilé. Ni une ni deux, il décide de le rejoindre. Il s’appelle Napolitain et son narcissisme n’avait d’égal le néant de son cerveau. Le nounours lui narra qu’il avait un navire amarré non loin de là, et que s’il l’aidait à faire fondre la neige sur son narvalo de compagnie, il était enclin à négocier. Le nacho, ne pouvant refuser, se mit en route pour l’aider. Il nettoya la neige du narvalo, qui le remercia en le frappant avec son nez. Le nounours salua cette action et lui proposa son navire, tout en lui recommandant de ne partir que quand la nuit sera passée. Il faisait si noir, qu’il n’y voyait rien. Sur ces bons conseils, il alla s’installer dans un nid, un tas de noisettes près de lui, afin de pouvoir grignoter. Le lendemain, il alluma son navigateur web, afin de retrouver le chemin du retour, non loin de là. Il salua le nounours nombriliste, trop occupé à déguster une noix de coco, nacrée.
Auteur : Camille
Auteur : Léonore
Auteur : Lucas
Auteur : Lydie
Noir is the new black - Florine ©Florine © Reggie Green - Dear white people
Auteur : Florine

Balle

Auteur : Kary
Auteur : Lucas
Auteur : Lydie
Auteur : Florine
Auteur : Florian

Bouton

Auteur : Lydie
Auteur : Lucas

Air

Auteur : Lucas
Auteur : Lydie

This means a lot to me

Auteur : Lucas

Un signe

Auteur : Lucas
Auteur : Kary

Voyage

Auteur : Kary
Auteur : Florine
Auteur : Lydie

Petit

Auteur : Lucas
Auteur : Lydie
Auteur : Florine

Miroir

Auteur : Lydie